Ces derniers temps, quand j’écris, c’est avec le sang de mes frères, le sang de ces résistants sauvagement mutilés, écrasés, dévalisés par les meurtriers d’un pouvoir illégitime, horloger de l’horreur.
Ces derniers temps, quand j’écris, c’est avec le sang de mes frères abattus dans l’impunité, mes frères confiés à la folie des mollahs qui écœurent les rues de Téhéran, où les coups, les tortures et les meurtres sont causants.
En ce jour de l’Ashoura, j’aurais voulu encourager mes frères, en prendre soin, j’aurais baisé leurs têtes ensanglantées.
Ils sont morts, aujourd’hui, pour eux, le mouvement populaire est toujours en vie, le mouvement populaire est plus fort que jamais !
Il fait nuit, les mères dont les enfants sont morts le jour de l’Ashoura pleurent, les pères sont amers, leur cœur est cuit dans la haine.
Les réactions aux massacres de l’Ashoura ont suscité l’émotion, elles sont nombreuses,
il faut que les courants du monde entier regagnent les « VERTS » et dressent l’union populaire, face à la félicité d’une théocratie promontoire barbare, à la barbaque avariée.
Le monde entier doit porter témoignage des assassinats perpétrés devant ses yeux, afin que les bassidjis soient jugés et condamnés.
Si tu es présent et que l’on tue devant toi, ton enfant, ton conjoint, ton père ou ta mère, ton frère ou ta sœur, ton ami, que fais-tu ?
Il y a eu du sang, nous l’avons tous vu. Il y a du sang, nous le voyons tous. Les bassidjis n’ont reculé devant rien. Les bassidjis ne reculent devant rien. Il y a eu du sang, nous l’avons tous vu. Il y a du sang, nous le voyons tous. Il serait injuste d’ignorer la colère du peuple.
Que fais-tu du bourreau bourdonnant ? Je sais, tu ne vas pas le tuer, mais tu ne veux pas au moins le punir ?
Si le peuple Iranien fait confiance au système judiciaire de la République Islamique, il remet le bourreau bourdonnant aux autorités. Mais le peuple Iranien ne fait pas confiance au système judiciaire corrompu de la République Islamique, le peuple Iranien sait que la justice de la République Islamique lui réserve systématiquement la mort.
Un moment d’émotion, de tristesse : un résistant est mort, son meurtrier est là, devant toi, tu sais qu’il vient de tuer dans l’impunité, tu sais qu’il est l’attribut d’un taux d’écoute odieux, celui des mollahs, aucune condamnation n’est possible.
Que fais-tu du bourreau bourdonnant ? Tu le remercies et tu l’embrasses ?
Non.
Ceux qui suivent le massacre du peuple Iranien depuis l’étranger, dans les journaux, à la télévision, sur Internet ne doivent pas se raconter d’histoires.
On ne doit pas briser le cœur de tous ceux qui versent leur sang dans les rues d’un Iran vandalisé par la torture et le meurtre, on ne doit pas briser le coeur de tous ces résistants, de cette magnifique unité populaire pillée par l’enfer théocratique, on ne doit pas briser le coeur de tous ces résistants :
« le sang qui coule dans nos veines est une offrande à notre nation ».
Aucun de nous ne doit se croire autorisé à dire à haute voix tout ce qui lui passe par la tête. Les choses à éviter, sont les commentaires déplacés et inconsidérés ; le peuple Iranien penserait que ses compatriotes à l’étranger sont impassibles, qu’ils ne souffrent pas, qu’ils sont sur le banc de touche et se contentent de donner des ordres.
Ceux qui militent à l’étranger doivent penser au jour où l’Iran sera libre, c’est l’espoir de tous les Iraniens !
Ils doivent garder dans leur cœur le souvenir de tous ces résistants courageux, qui rendent possible jour après jour, la conviction d’un retour imminent au pays.
Ne jouons pas sur les couleurs et les partis politiques, nous devons parler d’une seule voix, ne sacrifions pas les « VERTS », pour imposer d’autres couleurs comme le rouge ; nous creuserions des fossés qui nous éloigneraient de l’union populaire; ce n’est pas une heure pour les crayons de couleur ; nous sommes tous « VERTS », et nous le resterons jusqu’à la victoire !
Nous devons faire confiance à nos résistants, des femmes, des hommes, des étudiants, des écoliers, tous ces résistants dans les rues tous les jours, nous devons être objectifs et nous poser ces questions :
Quel est notre ennemi, Est-ce ce peuple Iranien cruenté, conduit crûment à la mort ? Ou, avons-nous un ennemi en commun avec lui, que nous devons détruire par nos actions ?
Sheyda Jahanbin
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Article publié sur « l’écriture sans calmants…» avec l’aimable autorisation de son auteur : Sheyda Jahanbin [http://twitter.com/sheydajahanbin]
Source de la publication originale : « Sheyda Jahanbin »
[Adaptation du Persan au Français de Pascal Uccelli.]
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