Verbaliser son orage au lieu de veiller sa vermine ?

Vendredi 6 août 2010

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Tu m’as demandé de partir…
partir… je ne veux pas me renier, devenir apétale. Mon cœur n’a jamais été fait pour les craques, mais j’ai toujours défendu le menteur, l’autre partie de mon rien, mon néant, avant-hier, la crânerie de mon shoot, aujourd’hui l’aphonie de mon lit, de mon feu.

Comment traiter mon sang, peut-on lui reprocher la corruption… tu l’as vandalisé il y a une dizaine de jours, cette nuit, c’est à son rébétiko qu’est pendue ma graphie. Toux à tout-va, et après ? Faut-il fuir, toujours oublier ? Verbaliser son orage au lieu de veiller sa vermine ?

Pascal Uccelli

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une hot line de l’épine, du hors-jeu.

Lundi 23 novembre 2009

Alain BashungVolontaire (feat. Noir Désir)

des cicatrices sans maître-nageur, où le bar toujours supérieur aux prévisions, oblige le bonheur à faire des jardes du poète, sa houssaie…

ces burettes d’humagne au comptoir sont des huttes qu’il convient d’humilier pour éviter le harle, il pourrait parler, et les plaies ne sont pas faites pour les pays tempérés…

un plongeur doit rester au contact, continuer sa plongée sans ployer.

Il messied de louer son massacre sans l’humidité qui éborgne le ciel, je suis le loup-cervier qui lubrifie le loufiat, au fond, s’ébaudir dans le mal, est la seule convenance possible chez moi…

je suis dans ma superficie, ouvragé par l’alcool et la nuit, je suis comme les néfliers, une hot line de l’épine, du hors-jeu.

Pascal Uccelli

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P P P

Samedi 3 octobre 2009

pascal_uccelli_SD_2009_3

quand
cela commence de cette façon je fourre mes doigts un par un dans le vagin
l’envie d’être prise grossièrement est sans mesure
mes cuisses s’écartent
ma main rentre sans effort
entière
le pouce à l’extérieur
comme si je me prenais en main pour ne pas m’échapper
parfois je voudrais me balader avec une bite dedans
avoir un orgasme à chaque pas
parfois j’attends et j’attends et j’attends et au bout j’ai envie de
pisser et je jouis sur ma pisse
je n’ai pas besoin de me toucher

P
P
P

je pense à toi
je sais que je pense à toi même quand il ne faut pas le faire
et je glisse
et je risque d’avoir une nouvelle cicatrice
j’étais pas « là »
mais je pensais à toi et chez Louis… juste le temps
de trouver les photos
je me suis pissée dessus
j’avais trop bu de toi
rouler de nuit sous ma jupe sorcière
ta main trempée dans la nuit de ma jupe sorcière
bien sûr qu’ils se sont trempés sous ma jupe sorcière
qu’ils sont ivres et qu’ils se trompent
le chemin est le long de mes jambes
à l’intérieur
là où la peau est blanche et transparente à compter les veines une par une
les classer selon les teintes de bleu
les étirer avec l’index
je t’écris
qu’est-ce que je pourrais faire d’autre la nuit ?

Pascal Uccelli

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la saudade d’une femme fontaine envenimée

Lundi 21 septembre 2009

08092009073

baraye to

Mohsen NamjooZahra Amir Ebrahimi – « Zolf»  – « Toranj»  – 01/09/2007 – © 2007 Music Center Of Hozeh Honari

j’ai passé
une partie de la nuit
à l’enculer,
le matelas échéant
s’est résigné
à obombrer
la saudade
d’une femme fontaine envenimée

Pascal Uccelli

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il me l’a dit

Vendredi 27 février 2009

la nuit dernière
lorsque je le suçais, j’ai mis deux doigts dans son cul,
il a aimé, il me l’a dit,
et j’ai mis encore un doigt

Pascal Uccelli

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Alexandrins

Lundi 25 août 2008

La nuit reviendra tôt. Et nous irons nous taire d’avoir parlé pour rien, d’avoir trop fait semblant de rugir en faisant des grimaces, pour plaire à notre souvenir de nous, à nos enfants, destinés à connaître le »  reste « , et puis quoi encore sortira de la tonitruance ?

Ils guettent, à peine convaincus de l’effroi, de vos grands monuments aux morts de la défense, vos alcôves d’amour aux creux des H.L.M.

Philippe Léotard

J’ai voulu remplacer l’agressivité par l’euphorie, l’application par l’enthousiasme.
Je n’ai pas été studieux mais indéfiniment excité.
Je n’ai jamais »  baisé »  ni haï : j’ai fait l’amour en m’essayant à la tendresse quand ma lâcheté me débandait. J’ai emprunté ce que je méprisais quand je n’avais pas le courage d’exiger ce que je méritais. Je me suis glissé, brûlant de honte, hors des maisons où je vivais, comme la vapeur d’un couvercle…

… Mais j’ai toujours entendu le bruit derrière moi quand le passé se refermait.

Philippe Léotard

En pleine chute, asphyxié, dans un désarroi qui n’est pas feint, je vis cependant de grimaces.
Comme tout animal mourant je me contorsionne.
Mais pour montrer, bien sûr, pour abonder, au moins de souffrances. Le bien que je me fais, l’ivresse où je me livre, c’est l’évaluation permanente du mensonge, les folles, fabuleuses chances de s’y perdre, n’attendant de rien d’autre une vérité qui soit fatale.

Je ne crois qu’aux calculs intéressés de l’ignorant, à la ferveur du menteur, à l’envers des peines, aux essais de bonheur qu’elles dessinent, essais, mais d’un trait sûr.

J’étais caché de tant de choses, et si longtemps, qu’évidemment il est difficile aujourd’hui de répondre à cette bouche qui me fouille du cri et des dents, des nerfs, de la gorge. J’espère, tant elle est torve, qu’elle sera difforme, à force, et qu’elle en saura aussi peu sur mon coeur, quand elle croira y accéder, que mes lèvres acharnées au ventre de la femme que j’aime, déglutissant, ivre, pur, son mystère comme si j’allais le comprendre…

Je ne veux pas comprendre. Je ne veux pas être propriétaire.

Philippe Léotard

« Portrait de l’artiste au nez rouge » – Philippe Léotard – © Éditions Balland/Egée, 1988.

Philippe Léotard – 28 août 1940 – 25 août 2001

Tags: 1988, 25 août 2001, asphyxié, chute, désarroi, enfants, excité, H.L.M, ivresse, l'écriture sans calmants, menteur, nuit, Philippe Léotard, Portrait de l'artiste au nez rouge, sans calmants, souffrances, tendresse, tonitruance

N 340

Vendredi 21 avril 2006

Illustration : Lyzane Potvin – © Lyzane Potvin 2006 – Illustration déposée et protégée à la Sgdl Tous Droits Réservés – Toutes Reproductions Interdites

tu
ne sais rien du reflet des néons
des puticlubs
la nuit sur le pare-brise

tu
ne sais rien
des bars à putes
de
la
N 340

Pascal Uccelli

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Texte de Pascal Uccelli déposé et protégé à la Sgdl – © Pascal Uccelli 2006 – Tous Droits Réservés – Toutes Reproductions Interdites

Tags: bars à putes, l'écriture sans calmants, N 340, néons, nuit, pare-brise, Pascal Uccelli, puticlubs, reflet, sans calmants

Encore 1 heure ou 2…

Lundi 31 janvier 2005

encore 1 heure ou 2, 1 heure ou 2 avant de trouver le bon… avant de trouver le bon remorqueur, 1 heure ou 2, je le sens. Le bon remorqueur ?

Le bar, la bouteille de JB, l’alcool où je vais ravauder la nuit conscient que la peine m’écoeure autant que la ploutocratie.

1 heure ou 2 avant de trouver le bon…

avant de trouver dans mes verres récitants le bon diminutif et me dire pourquoi ?

Pourquoi de nos jours autant de vacanciers du côté du chagrin ?

Pourquoi de nos jours la douleur sert aussi souvent d’ossuaire aux comptoirs ?

Pascal Uccelli

((( @ notre_combat )))

Texte de Pascal Uccelli déposé et protégé à la Sgdl – © Pascal Uccelli 2004 – Tous Droits Réservés – Toutes Reproductions Interdites

Tags: alcool, bouteille, chagrin, comptoirs, JB, l'écriture sans calmants, nuit, Pascal Uccelli, sans calmants

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